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La dépendance a-t’elle un avenir ?

1- La population Française vieillit

En France, le terme « senior » s’applique à deux tranches d’âge différentes, entre 45 et 75 ans :

  • entre 45 et 65 ans, il vise la population en âge d’activité, avec des problématiques spécifiques qui seront abordées ultérieurement
  • entre 65 et 75 ans,il s'agit des "jeunes retraités" l’un des piliers de nos  sociétés modernes, et qui fera l’objet également d’une autre publication.

Au-delà, on parle plutôt du « grand âge », ou du « 4ème âge ». Comme dans la plupart des pays Européens, ce segment de la population augmente, phénomène d’ailleurs annoncé par les démographes depuis plusieurs décennies.

Selon les hypothèses retenues pour la France dans les projections récentes de l’Insee :

  • la population des 75 ans et plus sera multipliée par 2,5 entre 2000 et 2040, pour atteindre plus de 10 millions de personnes
  • le nombre de personnes âgées dépendantes sera multiplié par 1,5 sur la même période, passant de 800.000 à 1.200.000

2- Les difficultés s’accumulent

Conscientes de cette réalité, les autorités politiques et administratives tentent depuis longtemps de trouver des solutions, pour éviter que les personnes très âgées ne subissent trop durement les conséquences du changement démographique.

  • Activation de différents programme, parmi lesquels  le « Plan Bien vieillir »,  le « Plan Dépendance », le  « Plan Alzheimer » pour en citer quelques uns.
  • Publication régulière de recommandations et Guides de bonne pratique, à destination des professionnels du secteur médical et médico-social : « Plan de lutte contre la maltraitance », «Plan Canicule », des « Plan de Prévention » en tout genre : contre la grippe, les infections respiratoires, les maladies digestives, les chutes, l’ostéoporose...
  • Mobilisation permanente des associations, depuis l’échelon national jusqu’à l’échelon local, tant pour pallier des insuffisances, que pour relayer les bonnes pratiques.
  • Promotion de la notion de « bientraitance », plutôt bruyamment, avec pour effet paradoxal de mettre en relief que les personnes âgées mériteraient davantage de sollicitude de la part de ceux qui les accompagnent.

Malgré ces efforts soutenus, la situation continue de se dégrader, avec des perspectives toujours aussi alarmantes à long terme.

3- Le taux de dépendance : une variable difficile à maîtriser

3-1 Définition

Cet indicateur a pour ambition de traduire le besoin d’aide nécessaire à un moment précis « de la vie en dépendance».

Il est le résultat d’un bilan, réalisé à l’aide d’échelles d’évaluation. Sa qualité principale est de rendre un résultat plutôt homogène dans une population donnée, avec des valeurs qui restent toutefois simplement indicatives.

La pertinence des techniques utilisées pourrait être revue. Un rapport d’information du Sénat (26 janvier 2011) pointe des insuffisances de la grille AGGIR, parmi les plus utilisées, et préconise la recherche d’amélioration des performances de l’évaluation de la dépendance.

Malgré tout, le résultat obtenu (le GIR) est encore le paramètre dominant, dans le calcul des prestations financières versées par la collectivité au titre de la dépendance.

3-2 Situation actuelle

S’il reste faible jusqu’à 75 ans (inférieur à 5%), le taux de dépendance augmente rapidement ensuite.

  • A titre indicatif
  • pour les hommes : 10% à 80 ans, et 40% à 95 ans
  • pour les  femmes : 12% à 80 ans, et 55% à 95 ans.

3-3 A l’horizon 2040

Les experts s’accordent pour envisager trois schémas possibles :  

3-3-1 Scénario dit « pessimiste »

Il prévoit l’allongement de la  « durée de vie en dépendance », avec un taux de dépendance élevé. La France  compterait alors plus de 1.700.000 personnes âgées dépendantes.

 3-3-2 Scénario dit « central », ou « neutre »

Il considère que l’âge d’entrée dans la dépendance et l’âge du décès se décaleraient de manière identique, maintenant stable la durée de vie en dépendance ; le taux de dépendance risquerait malgré tout d’augmenter. Dans cette hypothèse, les personnes âgées dépendantes seraient environ 1.600.000.

C’est le scénario qui est habituellement retenu pour la France, si les conditions enregistrées au cours des vingt dernières années devaient se confirmer au cours des trente prochaines années.

 3-3-3 Scénario dit « optimiste »

Il verrait reculer l’âge de la dépendance, avec un taux de dépendance sans évolution. On compterait ainsi 1.500.000 personnes âgées dépendantes en France.

4- La vie quotidienne des personnes dépendantes

4-1 « La vie quotidienne »

Ces mots recouvrent trois aspects complémentaires, aussi indispensables l’un que les autres, et souvent imbriqués :

  • les actes de la vie quotidienne
  • la relation sociale du quotidien
  • la vie relationnelle au quotidien.

4-2 Des contenus différenciés

 4-2-1 - Les actes de la vie quotidienne

Ils couvrent les besoins habituels parmi lesquels l’hygiène, l’alimentation, l’habillage, l’entretien de son environnement, la sécurité. Par voie de conséquence, ils ont un impact direct sur l’état de santé.

 4-2-2 La vie sociale du quotidien

Elle permet d’assurer l’intendance : maîtrise d’un budget, d’achats personnels, relation avec l’administration, avec des prestataires, avec des personnels.

Elle reflète la possibilité pour une personne de gérer les affaires qui lui sont indispensables.

Elle nécessite un état de santé physique compatible avec l’exécution de gestes simples, mais surtout l’intégrité des fonctions cognitives. Lorsque les difficultés cognitives rendent impossible la prise de décision autonome, des mesures de protections sont envisagées : sauvegarde de justice, tutelle ou curatelle.

La qualité de la vie sociale du quotidien est elle aussi un paramètre fondamental de l'état de santé.

 4-2-3 La vie relationnelle au quotidien, ou de « ré-création »

Elle correspond à toutes les activités permettant de se « re-créer », c’est-à-dire qui donnent un sens à la vie de tout un chacun, abstraction faite de la notion d’âge.

La liste en serait très longue à établir, et jamais complète : un dîner entre amis, se cultiver, des vacances au soleil, papoter, peindre une toile, parler de politique, voir un film au cinéma, nager dans une piscine, chanter dans une chorale, offrir un cadeau, fêter un succès, aimer, relever un défi, rire, faire du shopping…

Tout cela nécessite une « participation » des actes de la vie quotidienne et des possibilités de la vie sociale, d’où l’extrême importance de les maintenir au meilleur niveau.

Mais quel que soit le degré de dépendance d’une personne âgée, il est toujours possible d’identifier au moins un centre d’intérêt qui répond à une aspiration, à un désir, et qui reste accessible.

Il serait anormal de faire l’économie de cette démarche, dès l’instant où l’on a conscience qu’elle est bénéfique, et que la vie relationnelle est indispensable à la vie tout simplement.

5- L’orientation des politiques actuelles

5-1 Les faits

Ils démontrent déjà que les choix qui sont faits pour les personnes âgées dépendantes répondent à une hiérarchisation des priorités, qui ne réserve que peu de place à la vie sociale et à la vie relationnelle.

Même si les directives officielles affirment le besoin d'un "projet de vie", ce constat prend tout son relief si l’on utilise comme grille de lecture la nomenclature définie ci-dessus.

5-1-1 Maintenir la satisfaction des besoins habituels

C'est en pratique l’objectif principal, et minimum, sans d’ailleurs qu’il soit totalement atteint (la dénutrition des personnes âgées à domicile, et encore plus en institution, n’en est qu’une illustration).

Ce paramètre, dont l’évaluation est à la portée de tous, est souvent considéré isolément pour évaluer la qualité de l'accompagnement fourni à une personne âgée dépendante.

5-1-2 La relation sociale

Elle est en grande partie sacrifiée, et dans la plupart des cas, même si des aides ponctuelles à domicile, ou « la prise en charge » en institution, assurent le minimum de services.

En effet, les intervenants n’associent pas pleinement les bénéficiaires comme des acteurs à part entière, décideurs et responsables. Force est de constater que la pratique la plus répandue est celle du "faire à la place de..." plutôt que "faire faire...". Si le manque de temps est un argument recevable, les carences dans la formation initiale, davantage tournée vers l’aspect technique, ont aussi une part importante.

5-1-3  La vie relationnelle

Elle est confondue avec des activités occupationnelles, certes utiles, mais qui ne répondent qu’à une faible part des besoins réels. C’est pourquoi les rares initiatives plus larges doivent être saluées et encouragées.

5-2 L’offre d’aide en perspective

Dans le contexte d’augmentation de l’espérance de vie, l’alourdissement du taux de dépendance entraînera mécaniquement l’amplification du besoin d’aide, qu’elle provienne de l’entourage proche, ou des institutions, et bien souvent des deux en même temps.

Par ailleurs, une diminution importante du nombre d’aidants provenant de l’entourage est attendue entre 2000 et 2040, du fait justement du vieillissement de la population.

A titre indicatif, pour 2040 :

  • le nombre d'aidants passerait de 2,8 à 2,3 pour un homme, et de 2,2 à 2 pour une femme
  • 53% des hommes très âgés auront encore un conjoint aidant, et seulement 23% des femmes.

De plus, il faudra prendre en compte dans les calculs l’augmentation des séparations de couples âgés, réduisant l’aide apportée aux hommes par leur compagne.

Il en résultera une part croissante de l’aide apportée par la collectivité, et bien sûr du besoin de financement associé.

Le sort réservé aux personnes âgées handicapées est suffisamment préoccupant pour être traité dans un autre article.

5-3 Des conséquences lourdes

Il ressort de ces éléments que la vie quotidienne des personnes âgées dépendantes risque de s’appauvrir encore, par diminution de l’offre d’aide qui sera disponible.

Cependant, une telle explication n’est pas suffisante. Apparemment, tout se passe comme si la satisfaction des besoins de base était une fin en soi, rassurante pour les proches, pour les professionnels, pour les institutions et les décideurs.

Mais ce n’est pas le cas, au contraire. En effet, la limitation progressivement croissante de la vie sociale, et de la vie relationnelle, a un effet délétère, en créant un cercle vicieux qui accélère la dépendance.

6- Notre proposition

La situation est connue, et les données sont partagées. Le débat est largement ouvert.  Il porte principalement sur le financement de ce risque supplémentaire. Il est vrai que les ordonnances de 1945 sur la sécurité sociale ne l’avaient pas prévu, à une époque où l’espérance de vie atteignait à peine 65 ans. Dans le climat actuel, la tension sur la protection sociale est suffisamment forte pour faire émerger des initiatives porteuses de bien-être au sens plein du terme pour les personnes âgées dépendantes, et supportables pour la collectivité.

6-1 Le principe  fondateur

« Le soin porté à une personne âgée dépendante doit satisfaire son attente d'une vie relationnelle épanouie.»

Ce principe est appliqué dans toutes les circonstances, aussi bien à domicile qu’en institution, et quelque soit le niveau de handicap le cas échéant, physique et /ou cognitif.

6-2 Nos valeurs

Cet objectif n’a de chance d’aboutir que si les valeurs qui le portent sont partagées par les aidants, bénévoles ou professionnels :

  • le respect mutuel dans la relation aux autres
  • l’engagement dans l’action
  • la valorisation des savoirs.

6-3 En pratique

Nous répondons à cette triple  exigence,  par le réagencement de mesures connues, et l’introduction de notions plus nouvelles.

6-3-1 Moderniser la représentation de la personne âgée dépendante

En rompant l’isolement affectif vers lequel elle est poussée par notre propre culture, en redonnant la priorité à ses attentes, pour une vie relationnelle harmonieuse et satisfaisante, elle redevient une personne à part entière aux yeux de son entourage, des professionnels du secteur d’activité, du public.

Cette déclaration d’intention, pour devenir réalité, passe par le décloisonnement de notre vison de la vieillesse, et par la prise de conscience du poids de nos préjugés dans nos comportements.

Dans nos codes sociétaux actuels, un apprentissage est nécessaire pour y parvenir. Il sous-tend chaque instant de la formation que nous réalisons.

6-3-2 Prendre en compte vulnérabilité et fragilités individuelles

Sans focalisation excessive sur un aspect particulier, mais sans omission non plus, il s’agit avant tout de les contrebalancer, pour la meilleure utilisation des capacités et des compétences.

Pour cela, un bilan est réalisé, avec des outils d’évaluation et de diagnostic qui vont au-delà de ce qui est nécessaire pour définir le taux de dépendance officiel. Ces outils sont adaptés au public en formation.

Chaque paramètre évalué est ensuite intégré dans un programme global, pour définir les aides nécessaires et leur niveau, leur pertinence, leur impact sur les autres paramètres, leur acceptabilité par la personne concernée. Ce double courant, "diagnostic et prise de décision", est le deuxième axe de la formation.

6-3-3 Former les aidants professionnels à une vision transversale

Là encore, le décloisonnement est un formidable outil, cette fois pour redonner du sens à l’engagement, revaloriser les métiers, renforcer les savoirs.

La formation que nous dispensons a pour objectif de découvrir et s’approprier une méthode de mobilisation de ses compétences propres, pour réorganiser le lien avec la personne âgée.

En accompagnant les professionnels dans le développement d’une compétence transverse,  nous leur offrons l’opportunité de mieux analyser, classifier et accompagner la gestion des problématiques au quotidien.

Nous faisons aussi en sorte que le soin technique, aussi important soit-il, devienne partie intégrante d’une démarche plus complète de partage d’un moment de vie, de compréhension et de respect mutuel. La vision circulaire, « holistique », représente le troisième axe de la formation.

En conclusion

Si nous ne prétendons pas apporter une solution à tous les aspects de la question posée, notre expérience nous a déjà montré que l’approche des soins aux personnes âgées dépendantes que nous proposons est une partie importante de la réponse, à plusieurs titres :

  • pour ralentir la progression du taux de dépendance, en redonnant du sens à la vie des personnes âgées dépendantes
  • pour créer de manière satisfaisante les emplois nécessaires dans ce secteur d’activité, en repositionnant les intervenants en tant que personnels soignants
  • pour réaliser des économies d’échelle en réduisant les besoins de soins médicaux.

C’est bien sous cette forme que nous envisageons de donner un avenir à la dépendance.

Pour plus d’informations: www.care360.fr

Contact : This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.

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